Né à Montréal, le parcours artistique de Daniel Lévesque dessine une voie vibrante qui le mène des quartiers de Verdun et de LaSalle aux étendues bucoliques de Saint-Constant et de Saint-Ours, jusqu'aux rivages sauvages de la Pointe à la Frégate en Gaspésie. Ses premiers souvenirs sont marqués par l'attrait irrésistible du crayon et du papier : dès l'âge de quatre ans, le dessin était une extension de lui-même et, à seulement huit ans, il posait ses premières toiles à l'huile. Adolescent déjà, Lévesque traçait sa voie et organisait sa première exposition à quinze ans.
Le talent artistique est une affaire de famille : sa mère et son oncle ont offert un terreau fertile à sa créativité, encourageant un esprit d'expérimentation et une expression spontanée. La formation de l’artiste a mêlé cours particuliers au secondaire, leçons de calligraphie et de pédagogie, formation aux outils numériques comme les logiciels Adobe et, surtout, l’exploration personnelle.
À l'âge adulte, la créativité de Lévesque a trouvé de nombreux débouchés concrets. Il a bâti sa carrière grâce aux disciplines tactiles du lettrage, de la signalétique et de la sérigraphie, avant de se tourner vers l'artisanat de précision de l'ébénisterie. Ces activités diverses ont non seulement affiné son sens de la composition et de la couleur, mais ont aussi aiguisé une ingéniosité qui nourrit encore aujourd'hui sa pratique picturale.
Les peintures de Lévesque sont aujourd'hui guidées par l'émotion et les phénomènes fugaces qui captivent son attention. Pour lui, peindre est plus qu'un défi : c'est un chemin vers l'équilibre personnel, un voyage qui lui apporte la paix intérieure. Son processus créatif commence par une étincelle : l'attrait d'un sujet fascinant, souvent ancré dans l'expérience humaine ou la nature. S'ensuit une recherche méticuleuse, rassemblant photos et fragments qui nourrissent ses compositions ; à partir de là, il traduit sa vision sur la toile, parcourant avec une énergie méthodique une série d'étapes qu'il s'est lui-même imposées, toujours en quête de ces explosions extatiques de couleurs vibrantes et de textures que les acheteurs et ses pairs considèrent comme la signature de son œuvre.
Lévesque se refuse souvent à citer des influences précises, préférant parler de dialogues – avec ses amis artistes, entre chaque nouvelle série d’œuvres et la précédente, toujours en quête d’expérimentation, toujours en train de repousser les limites. Sa célèbre série « humains à têtes d’animaux » en est un exemple parfait : une exploration thématique originale qui mêle exubérance, organisation et jeu créatif.
Tout au long de sa carrière, Daniel Lévesque a exposé dans de nombreux lieux, des premières expositions collectives en 1968 aux plus récentes, comme au 1855 exposition collective, l'Usine 106U, la Galerie d'Art au Fil des Ans et le symposium annuel Clorid'Art. Fier membre du Groupement d'artistes en arts visuels de la Gaspésie et de Culture Gaspésie, ses œuvres ont trouvé des collectionneurs non seulement au Canada, mais aussi aux États-Unis et en Europe. Pour l’artiste, la reconnaissance ne se mesure pas aux prix, mais à la réaction des spectateurs, envoûtés par l'intensité de ses couleurs et l'énergie palpable de son coup de couteau.
En dehors de l'atelier, Lévesque puise son inspiration dans son propre travail : ébéniste et sculpteur, ses mains sont toujours en mouvement. Bien qu'il ne se consacre pas à temps plein à la peinture, son savoir-faire et son sens de la structure imprègnent profondément les univers vibrants qui se déploient sur ses toiles.
En fin de compte, Daniel Lévesque peint pour inviter les autres dans son univers, espérant susciter l'émerveillement, le dialogue et le lien. Pour lui, l'art est essentiel à la société : il nous aide à nous découvrir nous-mêmes et les uns les autres. Dans l'expressivité lumineuse de son œuvre, l’artiste offre non seulement des images, mais aussi des fenêtres ouvertes sur son parcours créatif en constante évolution.